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SOCIETE/ACCIDENTS DE CIRCULATION : LE GOUVERNEMENT TRES PREOCCUPE

Nisao Gnofam, ministre des Travaux publics et des Transports
Nisao Gnofam, ministre des Travaux publics et des Transports

Le weekend pascal a vu encore des togolais perdre leur vie sur les routes. Au moins deux décès rapportés dû à l’inobservance du code la route. Non-respect des feux tricolores, excès de vitesse. La semaine qui s’est achevée a vu donc une cinquantaine de nos concitoyens rejoindre l’eau delà. Les routes togolaises tuent. Mieux, les togolais se tuent sur la route. Plus de 200 depuis le début de cette année 2014, records de tous les temps. Un bien triste record dont le Togo s’en passerait volontiers.

Talo (Préfecture de L’ogou) ,14 Avril. Le choc était violent, très violent. Résultat, 47 personnes passées de vie à trépas. Le choc était violent, très violent. Résultat, le gouvernement décide de décroiser les bras et d’agir. De janvier à mi-avril, au moins 224 personnes ont été tuées dans des accidents de la route au Togo selon les chiffres communiqués par le ministère de la sécurité et de la protection civile.
Après une séance de travail avec les responsables des syndicats des transporteurs, le gouvernement vient de prendre une série de mesure pour mettre un frein à cette propension à la hausse des morts sur les routes du Togo.

Arrêter l’hémorragie…
Une série de mesures ont été conjointement pris par le ministre des transports et son homologue de la sécurité et de la protection civile dont la première est relative à la reprise des contrôles  diurnes  et nocturnes  de police qui seront établis  sur toute l’étendue du territoire à compter de ce  mardi 22 avril 2014. Le communiqué officiel précise que ces contrôles seront exécutés par des personnels  de la police, de la gendarmerie et du ministère chargé  transports identifiables par des numéros matricules  qui leur seront affectés à cet effet. L’une des mesures importantes est aussi cette interdiction faite aux véhicules assurant le transport interurbain  de passagers  de plus de  douze (12) places et les camions  remorques ou semi-remorques affectés  aux transports de marchandises  de  circuler la nuit entre 18 heures  30 minutes  et 05 heures du matin.
Toutefois, ajoute le communiqué, cette restriction de circulation n’est pas applicable aux véhicules transportant  des marchandises notamment des denrées périssables.  En plus, les autocars assurant le transport de passager sur de longues distances  devront disposer  de deux (2)  conducteurs  pour  se  relever;
Le Ministre des Travaux Publics et des Transports  et le Ministre  de la Sécurité   et de la Protection  Civile  invitent les populations et surtout les usagers  de la route à se conformer scrupuleusement  aux prescriptions du code de la route et aux mesures prises. Le Ministre de la sécurité Yark Damehame a indiqué que ce n’est pas une mesure prise contre quelqu’un et a invité les leaders religieux, les chefs traditionnels à s’impliquer dans cette campagne de sensibilisation des populations et surtout des usagers de la route.

Les limites de quelques mesures
Si la préoccupation des autorités quant à la recrudescence des accidents de la circulation sur les routes du Togo est légitime, il faut reconnaître que certaines de ces mesures méritaient plus de réflexion car, elles peuvent induire plus d’insécurité sur les routes et produire les effets contraires de ce qu’attend le gouvernement. D’abord, il nous parait que les mesures éditées par  les ministres de la sécurité et des transports ont été trop hâtives. On comprend qu’ils étaient encore sous l’émotion de ce qu’ils ont vu à Talo ce 15 Avril. C’est d’ailleurs pourquoi ils ne devraient pas avoir des réactions parce qu’étant sous l’emprise des émotions. La grande décision qui prête à contestation est celle qui interdit la circulation des véhicules de plus de 15 places et des poids lourds entre 18h30 et 05h.
Comme nous le disions, ce n’est pas la route qui tue les togolais. Ce sont les togolais qui se tuent sur la route en étant imprudents, pressés et allant contre le code de la route. Si on interdit à ces camions de circuler la nuit, ceci veut dire qu’ils sont autorisés à le faire entre 05h et 18h30. Quand on sait comment les conducteurs de ces camions se comportent sur nos routes très étroites et pas toujours bien entretenues, nous craignons que ce soit l’effet contraire qui risque de se produire car entre ce laps de temps, la circulation est plus dense.
Ajouter à celà, le délai de 12h imparti à cette catégorie d’engins pour circuler va inciter les conducteurs à aller plus vite que d’habitude. Un camion ou un bus  qui quitte Lomé à 5h va vouloir, coûte que coûte, rallier Dapaong avant 18h30. C’est ce qui se fait quand il roulait la nuit. Vu que le trajet se fera désormais le jour, avec une circulation plus dense sur les voies, il n’est pas impossible que les accidents se produisent plus souvent. Loin de nous l’idée d’appeler le malheur sur le Togo mais nous pensons qu’on peut mieux repenser cette décision pour ne pas acheter le sorcier après avoir vendu le voleur. Car nous le répétons, ce n’est ni la nuit, ni la route qui tuent, mais bien les togolais, de par leur comportement, qui se tuent la nuit ou le jour sur nos routes.
Un autre point de cette décision qui risque de faire couler beaucoup d’encre est le retour des forces de l’ordre sur les routes.” Dorénavant, les contrôles diurnes et nocturnes de police seront rétablis sur toute l’étendue du territoire et ce, à partir du mardi 22 avril 2014. Il sera exécuté par des personnels de la police, de la gendarmerie et du ministère chargé des transports. Ceux-ci seront clairement identifiables par des numéros matricules qui leur seront affecté à cet effet” a annoncé le Ministre Yark.
A ce propos, il nous revient quecertains  de ces agents se lèchent déjà les babines en pensant aux rackets et à la corruption pendant les opérations sur les routes du Togo. Il va falloir que le Ministre de la Sécurité inculque à ses agents qu’ils ne sont pas sur les routes pour racketter les usagers. Ils sont là pour la sécurité comme il a eu à le dire ce weekend à Notsè. Mais aussi, il serait intéressant que le gouvernement prête une oreille attentive aux doléances formulées par les policiers et gendarmes s’il veut que le travail de ces agents soit impeccable notamment, la mutualisation des ressources, la mise en œuvre du concept de police de proximité, l’intensification de la collecte et l’analyse du renseignement, et une meilleure organisation des secours aux populations.

Des campagnes de sensibilisation renforcées sur le code de la route
Les mesures prises par Yark Damehame et Ninsao Gnofam, même si elles sont salutaires, ne suffiront pas elles seules, à faire  baisser le taux d’accidents sur nos routes. La répression, elle seule, ne résoudra le problème. Nous le rappelions dans nos dernières parutions et nous le réitérons encore une fois. La population doit être abondamment sensibilisée. Nous avions exploré certaines pistes (LE MEDIUM 119).

Cependant, il faut reconnaître que ce sont les togolais qui, de par leur comportement exposent leur propre vie et celle des autres aux dangers de la route. Sinon, comment comprendre qu’un agent de force de l’ordre puisse bruler les feux tricolores alors que le rouge était allumé, lui qui est censé être le premier à respecter ce code de la route. Pourquoi rouler à plus de 100 Km/h dans la ville de Lomé comme le font certains conducteurs de moto et de voiture ? Pourquoi vouloir faire des dépassements alors que la situation ne s’y prête ? Pourquoi, en tant que piétons, ne pouvons-nous pas attendre quelques minutes que le feu passe au rouge avant de traverser la route aux feux tricolores. Pourquoi, en tant que jeunes togolais sur qui la nation compte, ne pouvons-nous pas cesser de rouler en vitesse et faire des acrobaties sur nos routes mettant ainsi nos vies en danger ? Pourquoi, pourquoi, pourquoi?
Il est donc impérieux qu’en tant qu’individu, en tant que citoyen et en tant que digne fils de ce pays que nous nous ressaisissons sur nos routes. Trop de sang coule sur nos routes et ce n’est pas normal. Ceux qui y voient la colère des esprits contre X peuvent immédiatement commencer par les cérémonies adéquates pour stopper l’hécatombe pour qu’ils arrêtent de boire le sang des togolais.
En attendant que les spécialistes trouvent des solutions à ces questions exotériques, les simples citoyens, usagers de la route que nous sommes, pouvons freiner quelques-unes de nos ardeurs et nos propensions   à jouer à la formule 1 (F1) sur les routes et à commencer un tant soit peu à observer et respecter le B.A BA du code la route.
A bon entendeur…
Ali SAMBA

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