LA 31ème SESSION DU CMS S’OUVRE SUR UN CONSTAT DE SENSIBLES PROGRES EN MATIERE DE PAIX ET DE SECURITE

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Kadré Désiré Ouédraogo, de la Commission de la CEDEAO

Kadré Désiré Ouédraogo, de la Commission de la CEDEAO

La 31ème session du Conseil de médiation et de sécurité de la CEDEAO (CMS) s’est ouverte ce mardi 25 mars 2014 à Yamoussoukro sur un constat général de sensibles progrès en matière de paix et de sécurité dans la sous-région ouest-africaine, notamment au Mali et en Guinée-Bissau.
Cette conviction a été réaffirmée aussi bien par le président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo, que par le président du CMS et ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire, Charles Koffi Diby, dans
leurs discours à l’ouverture des travaux.
«Des progrès importants ont été effectivement accomplis» dans la recherche de la paix et de la sécurité dans la sous-région, a dit M. Ouédraogo, rendant grâce à
la volonté politique et à la détermination des chefs d’Etat et de gouvernement,
ainsi qu’à l’engagement des populations aux objectifs de paix, de sécurité et
de développement, mais aussi à la coopération des partenaires.
Au cours de l’année sous revue, deux élections législatives difficiles mais
importantes se sont déroulées avec succès en Guinée et au Togo avec pour
conséquence un renforcement des processus de réconciliation et de
démocratisation dans ces deux Etats membres de la CEDEAO, a ajouté le président de la Commission.
Au Mali, a-t-il encore dit, le transfert sans difficulté du mandat de la Misma à
la Minusma, le 1er juillet 2013, et le bon déroulement des élections présidentielle et législatives sur l’ensemble du territoire ont permis d’atteindre les deux objectifs stratégique dans cette crise : aider le pays à recouvrer son intégrité territoire et rétablir pleinement l’ordre constitutionnel.
En outre, grâce à un engagement général sans faille de la Communauté et de ses
partenaires à sortir la Guinée-Bissau de son cycle d’instabilité chronique ainsi
qu’à une assistance financière, matérielle et technique sans précédent, des
progrès notables ont été accomplis en ce qui concerne la sécurisation des institutions et de la population, a expliqué M. Ouédraogo.
Il a formulé l’espoir que «l’organisation réussie des élections générales (prévues) le 13 avril 2014 marquera la fin de la première phase de la transition et convaincra nos partenaires internationaux de se joindre à la CEDEAO pour faciliter les réformes structurelles postélectorales tant attendues pour stabiliser davantage le pays».
A cet égard, Kadré Désiré Ouédraogo a exprimé la gratitude la Communauté au chef de l’Etat nigérian Goodluck Ebele Jonathan, en sa qualité de président du
Groupe régional de contact sur la Guinée-Bissau, pour «ses efforts diplomatiques et pour les importants dons financiers, logistiques et matériels»
consentis afin de maintenir le fonctionnement de l’Etat et faciliter la transition et le processus électoral dans ce pays.
Le président de la Commission de la CEDEAO n’a pas manqué d’évoquer, par ailleurs, les mesures mises en œuvre en vue d’opérationnaliser les stratégies de
contre-terrorisme et la Stratégie du Sahel, où l’organisation s’est vu conférer
le rôle de coordination dans la mise en œuvre des programmes visant à renforcer
la sécurité et le développement de l’Afrique de l’Ouest.
Il a aussi souligné la décision des chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique de
l’Ouest et d’Afrique centrale de collaborer étroitement en vue de combattre la
piraterie, les attaques à main armée des navires et les activités maritimes illicites dans le golfe de Guinée, mais aussi leur volonté de créer un centre interrégional de coordination pour renforcer la coopération dans la lutte contre les activités illicite dans leur domaine maritime commun.
Une autre préoccupation évoquée par le président de la Commission de la CEDEAO a trait à ce qu’il a présenté comme les menaces actuelles et à venir qui pèsent sur la paix et la sécurité. «Il est regrettable, a-t-il souligné avec force, que les processus électoraux et les modes d’accession au pouvoir deviennent de plus en plus des déclencheurs de conflit et de violence dans la région».
De l’avis de M. Ouédraogo, cette réunion du CMS devra fournir les orientations
nécessaires sur la mise en route des mécanismes d’information, de diplomatie
préventive et de bons offices afin que les consultations électorales prévues dans les mois à venir en Guinée-Bissau, au Nigéria, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Togo et en Guinée se déroulent dans une atmosphère paisible et consensuelle conformément aux normes régionales et internationales.
Dans son discours à l’ouverture de cette 31ème session ordinaire du Conseil
de médiation et de sécurité, le chef de la diplomatie ivoirienne a d’abord salué les progrès notables enregistrés au Mali, de même que les réformes engagées par le gouvernement malien ainsi que le maintien de la dynamique de solidarité de la communauté internationale pour résoudre les causes de la grave crise que le pays a traversée.
A cet égard, Charles Koffi Diby a exprimé la gratitude de la Communauté aux
partenaires bilatéraux et multilatéraux, qui ont déjà dégagé, a-t-il souligné, les deux tiers des 3,3 milliards d’euros d’aide exceptionnelle promise depuis la  conférence de Bruxelles du 15 mai 2013.
Le président du CMS s’est aussi félicité de ce que la Guinée-Bissau s’achemine
également vers une normalisation constitutionnelle avec l’organisation d’élections générales pour le 13 avril prochain, notant qu’il convient, au regard des progrès notés, d’envisager la levée des sanctions frappant ce pays afin de soulager le peuple et encourager les acteurs politiques à poursuivre leurs efforts en vue d’un retour rapide à la normalité constitutionnelle.
Cependant, en dépit de cette «évolution globalement positive de la situation sécuritaire dans notre espace communautaire», M. Koffi Diby s’est inquiété de l’ampleur croissante des fléaux associés au terrorisme, à savoir la criminalité transnationale, les trafics humains, le trafic de drogue, la cybercriminalité et la piraterie maritime qui constituent, a-t-il dit, une source de profonde préoccupation.
Il a salué les mesures pertinentes recommandées à ce propos par la réunion
conjointe des ambassadeurs accrédités auprès de la CEDEAO et du Comité technique des experts chargés des affaires politiques, paix et sécurité, tenue les 11 et 12 février 2014 à Accra.
En conclusion, Charles Koffi Diby s’est dit convaincu qu’en mutualisant leurs
efforts, les Etats de la CEDEAO garantiront à leur espace communautaire «un
environnement de paix et de sécurité durables, viatique indispensable pour un
développement économique et social bénéfique à nos populations qui aspirent à la paix, à la prospérité et au bien-être».
Le Conseil de médiation et de sécurité (CMS), qui regroupe les ministres des
Affaires étrangères et de la Défense des Etats membres de la CEDEAO, délibèrera, au cours de cette réunion d’une journée, sur la situation politique et
sécuritaire au Mali ainsi que sur les derniers développements de la situation
en Guinée-Bissau. Elle entendra notamment des exposés sur les efforts de
médiation entrepris dans chacun de ces deux Etats de l’organisation sous-régionale.
Le CMS étudiera également le mémorandum sur l’examen après-action des initiatives et réponses de la CEDEAO aux crises multidimensionnelles au Mali, le mémorandum sur la création de la Division de soutien des opérations de paix et le mémorandum sur la Stratégie maritime intégrée de l’organisation.
La rencontre se tient 24 heures avant la 13ème session extraordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO, prévue le mercredi 26 mars, et à trois jours de la 44ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, qui se tiendra les vendredi 28 et samedi 29 mars, toujours dans la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire.

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