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L’USET provoque la paralysie du secteur de l’éducation : Malgré les réels motifs de satisfaction, les syndicats d’enseignants dans la peau d’opposant

. Le Gouvernement marque son désaccord et invite à la responsabilité

Florent Maganawè, ministre des Enseignements Primaire et Secondaire
Florent Maganawè, ministre des Enseignements Primaire et Secondaire

Trois semaines seulement après la rentrée scolaire 2013-2014, les portes des établissements scolaires sont à nouveau fermées depuis lundi soir. Cette décision du gouvernement vise à éviter les débordements préjudiciables à la sécurité de nos progénitures, premières victimes de ces grèves ‘’sauvages’’ lancées par les fédérations des syndicats des enseignants depuis le début de la rentrée. Le mardi dernier, le ministre des Enseignements Primaire et Secondaire, Florent Yao Maganawé, a fait l’état des lieux des négociations entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants et proposé des pistes de sortie de crise dans les plus brefs délais…

Dans sa volonté d’améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants, le Gouvernement a, depuis 2012, créé un Cadre Permanent de Concertation (CPC) au sein duquel sont représentées toutes les fédérations des syndicats de l’enseignement et où se discutent toutes les revendications des enseignants. Et depuis août 2013, des discussions sont ouvertes avec les fédérations des syndicats de l’enseignement, en vue de l’élaboration d’un statut particulier des enseignants.

Dans la foulée, des propositions concrètes ont été formulées quand bien même l’Etat avait, au préalable, mis le métier d’enseignant dans une condition exceptionnelle.

 

Des acquis…

Il faut noter qu’à diplôme égal, il existe une différence de traitement équivalent à 200 points indiciaires entre les enseignants et les autres membres du personnel administratif. Par exemple, un enseignant titulaire d’une maîtrise est classé en catégorie A1 (indice1300) alors qu’un cadre administratif avec le même diplôme est classé en catégorie A2 (indice 1100). Ce qui correspond à une différence de 200 points équivalent à plus de 20 790 FCFA, au bénéfice du corps enseignant.

En dehors de cet acquis, il faut reconnaître que des efforts importants ont été faits par le Gouvernement pour améliorer la condition des enseignants, du personnel d’encadrement et du personnel administratif du sous secteur. L’on peut ainsi citer l’octroi à tous les fonctionnaires, dont les enseignants, d’une indemnité forfaitaire de 30.000 FCFA pour les agents de la catégorie A et 20.000 pour ceux des catégories B,C,D ;  l’octroi d’une prime de rentrée et de bibliothèque à chaque enseignant d’un montant annuel de 120.000 FCFA au titre de l’année  scolaire 2011-2012, avec une augmentation annuelle de 10.000 FCFA, pour atteindre un plafond de 150.000 FCFA en 2015. A cette liste, s’ajoute le recrutement en cours de 5.000 enseignants volontaires du primaire.

 

Des efforts du gouvernement malgré des acquis

Malgré ces acquis qui placent du coup l’enseignant au sommet des autres secteurs de l’administration, le gouvernement, conscient que le métier d’enseignant est difficile et mérite toute l’attention, n’a pas lésiné sur les moyens. Mais compte tenu des contraintes budgétaires actuelles, le gouvernement ne veut pas prendre des engagements qu’il ne pourra pas respecter au temps venu», a expliqué le ministre Florent Yao Maganawé, qui demande aux fédérations d’enseignants d’être réalistes et compréhensibles.

Au vu du budget en élaboration pour l’année 2014, le Gouvernement propose, en plus de la prime de rentrée et de bibliothèque de 140 000 FCFA par enseignant, l’allocation d’une prime globale unique dénommée « prime d’incitation à la fonction enseignante », d’un montant global annuel de plus de trois pour seulement l’année 2014. Il s’agit d’une prime de 10.000F/mois, soit 120 000F/an pour les enseignants de la catégorie A, et 8000F/mois, soit 96 000F/an pour les enseignants des catégories B, C et D. Cette prime évoluera bien entendu pour passer en 2015 à 150.000FCFA/an par enseignant.

Cette proposition est balayée du revers de la mais par les fédérations d’enseignants qui réclament des primes diverses et fantaisistes dont le coût est estimé à plus de 26 milliards de FCFA.

 

La mauvaise foi du corps enseignant

Malgré ces efforts significatifs du gouvernement au titre des primes uniquement qui coûteront à l’Etat un peu plus de trois milliards de nos francs, les syndicats d’enseignants proposent une enveloppe de 26 milliards… Ceci sans compter les salaires et les autres dépenses pour des projets de l’éducation (constructions de nouvelles salles de classes et le matériel didactique, recrutement d’enseignants, ouverture des écoles normales pour la formation des enseignants, etc.). Il y a lieu de réfléchir sur les réels motifs des revendications de ces fédérations.

Même si ces revendications visant une amélioration de leurs conditions de vie et de travail sont « normales », il faudrait à ces hommes et femmes un peu de culture syndicale pour reconnaître qu’il y a des limites à toutes actions humaines. Le seuil de l’intolérance est atteint quand ces enseignants font preuve d’irresponsabilité. Comment comprendre qu’un enseignant préfère une prime pour surcharge des classes à la construction de nouvelles salles et au recrutement d’autres enseignants.

Le comble est atteint lorsque ces enseignants grévistes estiment que les cours qui devraient être donnés en temps de grève sont considérés comme étant dispensés. Surréaliste, n’est-ce pas ! Une manière peut-être de mêler les élèves à cette situation et les pousser à la rue comme ce fut le cas l’année dernière avec le lot de conséquences qu’on sait.

Il est regrettable que les enseignants d’aujourd’hui ne soient plus animés du même esprit que leurs aînés qui se sont donnés pour que notre pays ait des hommes et des femmes diplômés, responsables et aux compétences irréprochables. Les grévistes doivent avoir à l’esprit que le métier d’enseignant a ses contraintes et ses exigences, bref c’est un sacerdoce. On peut démissionner quand on estime que ce métier ne répond pas à ses aspirations. Et les syndicats ont le devoir de former leurs membres à la culture syndicale. Une grève de plus de trois jours vous met droit devant le fait accompli ; votre salaire, il va falloir le réclamer au syndicat pas à votre employeur.

Les grévistes doivent savoir que l’employeur, qu’est l’Etat, a des obligations mais aussi des droits. La vie nationale ne se limite pas aux quelques trente mille enseignants. Et les autres Togolais, n’ont-ils pas besoin de l’attention de la part du gouvernement ? Vivement que les uns et les autres mettent un peu de bémol dans leur action pour que les discussions aboutissent en vue de la réouverture  des classes. L’avenir de la nation en dépend.

JPB

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