COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA CEDEAO : LA PRINCIPALE PRIORITE DE LA CEDEAO DEMEURE L’ERADICATION DU VIRUS EBOLA, ESTIME LE PRESIDENT OUEDRAOGO

La principale priorité de l’Afrique de l’Ouest aujourd’hui est de contenir rapidement, de prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola à d’autres pays et d’éliminer la menace dès que possible, a assuré ce lundi 24 novembre à Accra le président de la Commission de la CEDEAO.
Kadré Désiré Ouadraogo, qui donnait le coup d’envoi d’un atelier de formation de cinq jours destiné à quelque 150 agents de santé volontaires pour être déployés dans les pays les plus affectés par la maladie, s’est livré à un véritable plaidoyer en faveur d’une lutte résolue pour relever ce “défi régional”.
Ces agents de santé, qui proviennent du Bénin, de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Mali, du Niger, du Nigéria et du Sénégal, seront répartis entre la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone dans l’optique de concrétiser cette solidarité régionale qui ne s’est jamais démentie depuis l’apparition de la maladie dans la zone.
“Tout en soulignant la grande solidarité que les États membres de la CEDEAO ont une nouvelle fois montrée dans cette lutte, je salue la mémoire des milliers de victimes, y compris les travailleurs de la santé locaux et étrangers, et présente nos plus sincères condoléances à leurs familles et aux peuples des pays touchés”, a ajouté M. Ouédraogo. Après avoir redit l’engagement de la Commission de la CEDEAO à fournir tous les efforts nécessaires à cet égard et ce, en conformité avec les directives des chefs d’État et de gouvernement, il a réaffirmé sa fierté devant l’engagement démontré par les dirigeants de la région depuis le début de l’épidémie.
“La réunion d’aujourd’hui pour le lancement de la formation des agents de santé régionaux à déployer pour lutter contre la maladie à virus Ebola dans les trois pays les plus touchés, la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone, est en effet la démonstration que nous nous engageons à répondre collectivement ce défi régional”, a proclamé Kadré Désiré Ouédraogo.
Auparavant, le ministre de la Santé du Ghana, Kwaku Agyemang-Mensah, dont le pays assure la présidence en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, avait abondé dans le même sens, en insistant sur les statistiques qui font état de 14 000 personnes touchées avec environ 5 600 morts, dont plus de 2 800 pour le seul Liberia.
La maladie à virus Ebola ne connaissant pas de frontière, le premier cas, noté en Guinée, s’est vite répandu dans les États voisins, tandis que des pays hors du continent comme les États-Unis, l’Espagne et la Norvège ont également enregistré des victimes, “ce qui montre clairement que la lutte doit être mondiale”, a estimé le Dr Agyemang-Mensah.
Le major général Obed Akwa, commandant du Centre international Kofi Annan pour le maintien de la paix (KAIPTC), qui abrite l’atelier, avait auparavant souhaité la bienvenue aux participants et aux autorités, avant que Laurent Assogba, directeur général adjoint de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS), institution spécialisée de la CEDEAO, ne donne de précieux éclairages sur les caractéristiques de cette terrible maladie.
Le Dr Assogba a rendu hommage aux 150 agents venus de sept pays de la sous-région, parmi lesquels des médecins, infirmiers, techniciens d’hygiène et d’assainissement, qui sont volontaires et prêts à aller aider leurs collègues des pays affectés à juguler très rapidement cette épidémie qui a semé tant de désolation dans la communauté africaine et internationale.
“Chers collègues et chers collaborateurs, ne craignez rien, car la CEDEAO a le devoir de vous protéger et de vous accompagner, pour que vous travailliez en toute quiétude et que vous retourniez sains et saufs dans vos familles respectives”, a ajouté le directeur général adjoint de l’OOAS, qui organise l’atelier en collaboration avec l’Union africaine et la Banque africaine de développement (BAD).
Après leurs cinq jours d’atelier de formation au Centre Kofi Annan d’Accra, les 150 travailleurs de la santé volontaires iront intégrer, trois mois durant, les équipes déployées sur le terrain de la lutte contre Ebola par les ministères de la Santé de la Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone.
L’initiative s’inscrit dans le cadre du plan de riposte régionale adopté par la dernière Assemblée des ministres de la Santé des États de la CEDEAO, tenu fin août 2014 à Accra, et a pour objectif d’apporter un appui substantiel en ressources humaines au système de santé des pays affectés dans leur effort d’endiguement de l’épidémie.
Il s’agira notamment de renforcer la capacité d’intervention des trois pays les plus touchés dans l’identification des cas, les soins aux patients, le suivi des contacts, la mise en place des mesures préventives et la gestion des corps des victimes, tout en revitalisant leur système global de santé.