TOGO- OPPOSITION: Le CAR appelle à un droit d’inventaire

Après la gifle électorale administrée au CAP 2015 par le candidat du parti UNIR et ayant senti depuis belle lurette l’issue inévitable du scrutin présidentiel, le Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) appelle à une remise en cause de toute l’opposition togolaise si elle veut être une alternative politique crédible dans le futur.
Me Apévon et les autres dirigeants du CAR semblent avoir le beau rôle dans la tragédie qui se joue au sein l’opposition togolaise après le scrutin du 25 Avril 2015. Ils ne se privent pas d’ailleurs de dire à qui veut les entendre qu’ils avaient raison de n’avoir pas participé à cette élection et que ceux qui y sont allés ne récoltent que ceux qu’ils ont semés car pour le CAR, les résultats de la présidentielle ne pouvaient pas être différents de ceux qui ont été proclamés, les réformes constitutionnelles et institutionnelles n’ayant pas été faites.
On peut comprendre aisément que le CAR en veut aux partis de l’opposition qui ont participé à ce scrutin malgré qu’il ait appelé au boycott en vain. ” On ne peut pas nous dire que les conditions sont remplies pour aller à une élection avec une Cour constitutionnelle qui est dans cet état là, aller à ces élections, refuser de la saisir pour dire qu’on n’a pas confiance. Nous savons que l’issue des élections ne nous convient pas. On n’aurait pas organisé les élections qu’on réfléchirait à autre chose. Le Togo aurait avancé “, a souligné Me Dodzi Apévon, le président national du CAR.

Se remettre en cause et changer de méthodes
“Il est temps de changer de méthode” annonce le Comité d’Action pour le Renouveau.
Me Dodzi Apévon estime qu’il est temps que tous les Togolais soucieux de l’avenir du pays se concertent pour faire procéder aux réformes en vue de sortir le pays de l’impasse. Intervenant sur une radio privée de la capitale, Me Apevon a estimé que l’opposition togolaise doit se remettre en cause et revoir sa stratégie de combat pour qu’elle devienne une alternative crédible au Togo et surtout redonner confiance aux Togolais pour un vrai changement politique dans le pays. Le leader du CAR ne croit pas à la stratégie prônée hier par l’ANC et aujourd’hui par le CAP 2015 qui conteste les résultats de l’élection présidentielle et dont la marche de protestation de samedi dernier n’a pas eu une réussite éclatante comme l’auraient voulu les organisateurs.
Dodzi Apévon n’y est pas allé par quatre chemin pour dénoncer cette stratégie qui à son avis, ne produit pas de résultats : “Je ne ferai pas de commentaire sur cette marche organisée par CAP 2015. C’est leurs droits, d’organiser comme ils pensent, leur marche. C’est leur stratégie à eux. Elle est bonne ou elle est mauvaise, c’est à eux de tirer les conséquences. Ils ont pensé qu’après les élections, ils contesteront. Car pour 2010, ils ont contesté pendant un certain temps, avant qu’on aille à un dialogue. S’ils retournent à la stratégie de la marche, c’est leurs droits. Ce que moi je dis et continue de dire est que nous devons tirer toujours une expérience des faits. Et ce qui vient de se passer est une grande expérience pour nous tous” dit Dodzi Apévon.

Le dialogue comme moyen de lutte.
Le CAR semble revenu à ses premières méthodes de lutte politique qui érigeait le dialogue comme arme et moyen politique  comme le préconisait Me Yaovi Agboyibo, Président d’honneur du CAR dans son ouvrage ” Paramètres humains de l’action publique ” publié aux éditions l’harmattan.
”D’aucuns croient (…) que la seule façon de venir à bout de l’oppression est l’idéologie de la haine pratiquée sous forme de violence physique ou verbale et de refus de dialogue” écrit Me Yaovi Agboyibo qui indique que des faits vécus par notre pays ont montré plus d’une fois l’inefficacité de la stratégie. ”L’oppression ne peut être vaincue par la haine. Ce genre de stratégie a toujours tourné au drame” dit Yaovi Agboyibo.
C’est la même chanson que tente de faire résonner les dirigeants actuels du CAR. “C’est un appel que je lance et pour que finalement, tous ceux qui croient que le dialogue est nécessaire se rassemblent rapidement pour poser ces questions et qu’on sorte rapidement de la situation” a dit Me Dodzi Apévon. qui indique qu’en fonction de ce qui vient de se passer, tous les partis politiques ou tous les courants politiques qui croient aux vertus du dialogue, doivent se retrouver et le plus rapidement possible pour que l’opposition puisse se lancer dans une grande projection vers l’avenir”.
Comme l’indiquait Yaovi Agboyibo dans son ouvrage précité, le Togo ne peut sortir du climat de haine que par le dialogue, à condition qu’y prennent part, toutes les formations politiques jouissant d’une audience réelle auprès des populations. L’Expérience a montré que si l’une d’entre elles se met en dehors du processus de discussion, elle cherche par tous les moyens à le discréditer.
” L’assainissement des rapports humains entre les partis d’opposition et au sein de l’ensemble de la classe politique constitue ainsi une question primordiale à résoudre pour parvenir à des réponses consensuelles aux attentes de nos populations”écrit Yaovi Agboyibo. Autrement…
Koudjoukabalo