POLITIQUE CEDEAO/ LIMITATION DES MANDATS PRÉSIDENTIELS : Faure Gnassingbé, en aucun moment, n’a pris la parole sur cette question à Accra

De la nécessité de revoir la communication du gouvernement…

” Le Togo dit non à la limitation des mandats présidentiels “. La nouvelle a fait le tour du monde la semaine dernière et notre pays le Togo était encore au banc des accusés par une faute de communication du gouvernement togolais qui n’a pas su intervenir à temps pour rectifier le tir. On ne cessera jamais assez de le dire, l’image du Togo est souvent salie par la faute de certains qui ne font pas bien leur travail. Et ce qui vient de se passer la semaine dernière à Accra en est encore une excellente illustration.Aussi incroyable que cela puisse paraitre, aucun ministre, aucun officiel du Togo n’a levé le petit doigt pour dénoncer cette cabale contre le Togo et démentir cette fausse information qui ne fait que jeter du discrédit sur le pays car, rien de ce qui est dit ne s’est passé comme tel dans la capitale ghanéenne.

La vérité, rien que la vérité
L’idée d’amender le protocole de la Cedeao sur la démocratie et la bonne gouvernance a été envisagée lors des préparatifs de la 47e session de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.
Certains ont  en effet  proposé d’amender le protocole pour introduire une limitation du nombre de mandats présidentiels, conformément au principe de convergence constitutionnelle au sein des Etats membres. Un projet a même circulé et évoquait la limitation à deux mandats consécutifs.
Mais les Chefs d’Etat de la CEDEAO, dans leur grande sagesse ont jugé le sujet prématuré et inapproprié  car touchant à une question qui relève de la souveraineté des Etats.
” On s’aventure en effet sur terrain glissant qui reviendrait à imposer des normes qui ne prennent pas  en compte les réalités de chaque pays” a dit un chef d’Etat.
Un tour d’horizon rapide a permis de constater que dans ce domaine, même dans les vieilles démocraties les pratiques varient.   Les chefs d’Etat l’ont bien rappelé à la faveur d’un premier tour de table qui a permis de dégager un consensus sur le caractère prématuré et inapproprié de ce projet.  ” C’est une proposition inscrite à l’agenda des chefs d’Etats pour qu’ils en discutent et à la fin de la délibération de la journée, elle n’a pas été adoptée”, a dit la ministre des affaires étrangères Hannah Tetteh citée par l’Agence Reuters.
Fait majeur à retenir, le Président de la République Faure Gnassingbé, en aucun moment, n’a pris la parole sur cette question à Accra.
Alors, d’où vient l’idée que le Togo a rejeté la proposition du projet sur la limitation des mandats présidentiels si c’est la majorité des participants qui ont pris la décision ? Est-ce la première fois qu’un sujet inscrit à l’agenda des discussions des chefs d’Etats de la CEDEAO a été repoussé à une date ultérieure ?

Une faute de communication de la délégation togolaise
Lorsque les agences de presse annonçaient que le Togo et la Gambie ont fait opposition au projet de limitation de mandat et que l’information tournait en boucle sur les chaînes de radio et de télévisions, on s’attendait à ce que les officiels qui faisaient partie de la délégation togolaise réagissent, ne serait-ce que pour apporter des éclaircissements sur  la manière dont  les Chefs d’Etats en étaient arrivés à cette conclusion. Mais  RIEN. C’était un silence de  cimetière du côté du gouvernement Togolais.
Ç’aurait été ailleurs que les ministres, les responsables de la communication et les attachés de presse prendraient d’assaut les plateaux des télés, les studios des radios et les colonnes des presses pour apporter un démenti cinglant à cette information qui faisait le pourfendeur de la limitation des mandats.
De toute façon, cette attitude du gouvernement  n’a étonné personne car la communication a été le maillon faible de cette équipe dirigée par Arthème Ahoomey-Zunu qui laisse passer la plupart du temps des occasions de faire valoir le point de vue du Président de la République du Togo. Comment peut-on passer à côté  de cette belle occasion pour dire à la face du monde que le Président Faure Gnassingbé est favorable aux réformes constitutionnelles et que tout au long de la campagne pour l’élection présidentielle, il n’a cessé de marteler que les réformes sont nécessaires mais qu’il fallait prendre le temps pour les mener afin de ne pas exclure une partie des Togolais?
Heureusement que Arthème Ahoomey-Zunu a rendu le tablier et son gouvernement avec lui. Il va falloir faire autrement dans ce domaine pour le prochain locataire de la Primature.

Faire autrement
Dans un monde où les informations circulent à la vitesse du son, il est impérieux que le Togo, Etat moderne et soucieux de son image, puisse se doter d’un puissant pole de communication pour donner ses appréciations  sur la gestion du pays et sur la marche du monde. Les exemples abondent dans le monde et en Afrique.
Le prochain gouvernement doit se doter d’une cellule de communication officielle, composée des professionnels de très hauts niveaux,  qui produit chaque jour  des bulletins d’informations institutionnelles à l’endroit des journalistes et qui d’ailleurs reste disponible à toute demande de la Presse nationale et internationale. Il faut que le pays avance dans ce domaine aussi. On entendait les ministres dire qu’ils travaillent pour les Togolais mais ils ne le savent pas. Normal, dirions-nous. Comment ces Togolais font-ils pour savoir qu’on travaille pour eux sans qu’on ne les informe ?
Beaucoup de Ministres pensent qu’un reportage de  la Télévision nationale sur leurs activités suffit largement pour informer l’opinion. ” L’élément est passé à la TVT, vous n’avez pas vu ?” ,  les entend – on dire, comme si tout le monde est obligé de suivre les programmes de la TVT. Il faut faire autrement.
Une récente formation des responsables de la communication des Ministères du Togo a montré le travail qui reste à faire et le long chemin à parcourir dans ce secteur. La majorité de ceux qui tiennent les portefeuilles de la communication dans les Ministères sont des journalistes de la TVT, Togo Presse, Radio Lomé ou de l’ATOP. Or, la communication et le journalisme sont deux mondes différents. C’est d’ailleurs ce qui explique la difficulté de nos confrères à faire correctement leur travail.
Depuis 10 ans, le Togo a amorcé un réel développement dans nombreux secteurs  sous l’impulsion du Président de la République Faure Gnassingbé. Une bonne maitrise de la communication institutionnelle sera d’un réel avantage  pour le nouveau gouvernement, surtout que les Togolais seront plus exigeants durant ce nouveau quinquennat qu’ils ont accordé à Faure Gnassingbé.
Koudjoukabalo