FORMATION DU NOUVEAU GOUVERNEMENT : La Valse des courtisans aux obsèques de Togbui Amega Yao Adoboli Gassou IV

Jamais un enterrement d’un chef traditionnel du Togo, fut-il membre de la Cour constitutionnelle du Togo, n’a réuni autant de monde en un seul jour et en un seul lieu. Le Chef Amega Yao Adoboli Gassou IV peut dormir en paix, pour avoir réussi à rassembler autour de sa dépouille, autant de monde et de personnalités.
Cet attroupement n’est pas le fruit du hasard, l’événement intervenant le lendemain de l’annonce de la démission du Premier Ministre et de son gouvernement. Les ministres sortants qui veulent rester, les anciens qui en veulent encore, les connus et les anonymes qui veulent y être, tous étaient de là. Le pouvoir, quand tu nous tiens…
Les visages étaient fermés pour la circonstance, non pas pour le triste événement auquel ils participent mais parce que pour certains, c’est l’unique occasion de se faire remarquer du Chef de l’Etat et se rappeler à son bon souvenir pour un poste dans le prochain gouvernement.
Les visages les plus fermés et les plus tristes sont ceux des ministres sortants. Ils étaient tous là, dans ce coin reculé d’Ahlonbogo où certains n’auraient jamais imaginé y mettre le pied, si leur poste ministériel n’était pas en jeu. Parmi eux, se trouvent ceux qui se disent proches et  inconditionnels du chef de l’Etat, sereins à l’idée d’être reconduits dans le nouveau gouvernement. Ils sont reconnaissables par le sourire sincère et l’assurance de leur propos. Un clin d’œil au Président de la République pour lui dire qu’ils sont toujours à ses côtés, aussi bien dans la joie que dans la douleur.
Il y a un deuxième groupe qui est venu pour implorer la grâce du chef de l’Etat car les ministres concernés sont certains qu’ils vont plier bagages. Le bilan de leur passage au département qui leur a été confié par le Président de la République ne plaide pas en leur faveur. Sentant la sanction venir, ils multiplient les sorties pour qu’ils soient vus par  le Chef de l’Etat. Peut-être, dans sa magnanimité, Faure Gnassingbé aurait pitié d’eux.
Dans la foule qui était présent à Ahlon le samedi dernier, il y avait plus de soupirants qui veulent la faveur du Chef de l’Etat. On les a reconnus, tirés à quatre épingles et prompts à se mettre en valeur à la moindre occasion. Ce sont les Directeurs Généraux de l’administration publique, des Responsables des sociétés d’Etats et des responsables politiques du parti au pouvoir. Ils ont bravé monts et vallées (au sens propre du terme pour ceux qui connaissent le village) et joué des mains et des coudes pour être dans la ligne de mire de Faure Gnassingbé.  Chacun s’est dit que c’est l’ultime espoir qu’il avait de taper dans l’œil du maître pour être promu Ministre de la République. Et Ahlon était l’occasion rêvé.
Ils auront fort à faire aux jeunes cadres du parti UNIR et ceux de la diaspora togolaise qui veulent aussi leur place au soleil. Depuis la campagne électorale, on en a vu monter au créneau ici et là pour défendre les intérêts du parti. Ils ne cachent pas l’ambition de remplacer ou de chasser leur père ou grands pères qui ne veulent pas libérer le plancher. Ces jeunes loups aux dents bien longues espèrent que le temps est venu pour eux de s’occuper des affaires de la Nation. Ce ne serait que Justice, estiment-ils.
Que dire de nos mères et jeunes filles ? Les rares qui affichent leur ambition, le font dans le charme et dans la séduction. Vu que c’est la portion congrue qui leur est accordée dans les gouvernements précédents, beaucoup ne rêvent pas trop. Il en existe quand même qui s’exhibent et qu’on voit de plus en plus dans les cérémonies officielles, surtout quand Faure Gnassingbé est présent. Ne parlons pas de la campagne électorale où elles étaient en action dans la plupart des meetings que le Chef de l’Etat a animés. Ne vous étonnez pas de les voir en première ligne dans le prochain gouvernement.
Koudjoukabalo