BAISSE A MINIMA DES PRIX DES PRODUITS PETROLIERS : De la nécessité pour le Gouvernement de faire plus d’efforts

Le PM Arthème Ahoomey-Zunu, Président du Conseil national de supervision

Arthème Ahoomey-Zunu, Chef  du Gouvernement

Depuis le lundi 15 décembre, les cadrans des stations d’essence affichent 610 f/litre pour le super et 665 f/litre pour le Gas-oil. Ainsi les pétroliers ont mis en exécution la décision du gouvernement togolais de baisser les prix de l’essence et du Gasoil pour répondre aux appels incessants des associations des consommateurs qui invitaient le gouvernement à procéder de la sorte étant donné le prix qu’affiche en ce moment le baril sur le marché international. Tout en ne crachant pas dans la soupe, il faut reconnaître que les populations attendaient plus du gouvernement.
Pour une fois, félicitons la télévision togolaise qui, aux lendemains de la décision du gouvernement, a proposé un micro trottoir. Tous ceux qui ont été interviewés ont été tous unanimes. ” on attendait mieux de la part du gouvernement. S’il pouvait descendre plus bas, ce serait très bien” ont dit les citoyens togolais rencontrés dans la ville de Lomé.
Les propos de ces togolais résument en gros le sentiment qui a prévalu à l’annonce des mesures prises par le gouvernement. On dirait qu’il n’a assuré que le service minimum car de l’avis des spécialistes, les prix devraient baisser plus que ça.

Peux mieux faire
Tenez, sur 10 litres, le consommateur ne gagne même pas un litre de super avec le nouveau prix. Autant dire que c’est rien du tout alors que le brut s’est effondré d’au moins 45 dollars. Si vous  ne croyez pas, un petit calcul s’impose alors.
Ancien prix : 655 f x 10 l = 6550 f
Nouveau prix : 610 f x 10L = 6100 f
La différence revient à 450 f CFA qui ne peuvent payer que quelques centilitres du précieux liquide. Pour le Gasoïl, n’en parlons même pas. Effarant ! Autant dire que pour les motocyclistes qui font le plein de leur engin à 5 ou  6 litres, cette baisse décidée par le gouvernement n’est considérée que comme  des cacahuètes. Juste de quoi s’acheter un ” pure water” pour étancher sa soif.
Au vu de cette démonstration, il est clair que cette baisse décidée par le gouvernement bien que louable ne représente pas grande chose dans l’attente des citoyens.
D’abord, le gouvernement n’a pas donné les raisons fondamentales de cette décision à la baisse. Le communiqué du gouvernement du conseil des ministres indique qu’au cours de sa séance du jour, le conseil des ministres a suivi une première communication relative au projet de réaménagement du prix des produits pétroliers. Au terme de ce projet, les prix à la pompe des produits pétroliers seront revus à la baisse sur l’ensemble du territoire national à compter du lundi 15 Décembre 2014. Après avoir fixé les nouveaux prix, le communiqué relève qu’il faut noter que cette baisse de prix des produits pétroliers a été rendue possible grâce à une subvention du gouvernement d’un montant total de 12 milliards de F CFA. Et puis c’est tout. Rien sur les cours mondiaux du baril qui ont drastiquement chuté et qui devraient donc entrainer automatiquement cette baisse.

Quid du prix du pétrole lampant et du Gaz butane
On est bien loin des ” logorrhées”  habituelles que le gouvernement nous sert en de pareilles occasions. Le mutisme de nos dirigeants en dit long sur la gêne qu’ils éprouvent car en leur for intérieur, ils savent qu’ils devraient faire plus que ça pour donner le sourire aux togolais au moment où les prix à l’international ont atteint leur plus bas niveau depuis 2008.
Mieux, aucune annonce concernant le pétrole lampant et la bouteille de gaz butane. La logique du gouvernement est aussi passée par là. Etant donné que le prix du  pétrole lampant  n’avait pas subit de hausse lors de la dernière augmentation, rien ne sera fait cette fois aussi. C’est du pur cynisme de la part du gouvernement. Mais, on peut essayer de comprendre. Qu’en est-il alors du gaz butane qui coûte les yeux de la tête aux concitoyens depuis Janvier 2014 ? Pourquoi le gouvernement a-t-il fait le silence sur le cas du gaz butane qui en Janvier 2014, avait subit le même sort que les autres produits pétroliers. le Gaz butane 12 kg était passé de  5500 f CFA à 6500 f CFA, soit une hausse de 1000 f CFA et celui de 6 kg de  2640 f CFA à  3150 f CFA, soit une augmentation de 510 f CFA . Quand on sait l’engouement que les togolais ont pour ce produit en ce moment, on comprend difficilement que l’Etat ne fasse rien dans le sens de la baisse des prix de Gaz butane.
C’est ce que relève Gerry Taama, Président du parti le NET, l’un des rares hommes politiques à se prononcer sur cette actualité. Dans un post sur son compte Facebook, il écrit : ” La baisse des prix sur le gaz butane et le pétrole lampant est prioritaire. Pour le premier, c’est une question environnementale. Nous continuons à déforester à tout va dans ce pays.

Pour le second, le pétrole lampant est utilisé par les prix démunis. J’ai fait tout mon lycée en m’éclairant à la lampe tempête. Cependant, le plus important est la vérité sur la nomenclature des prix du carburant. Quand le gouvernement dit qu’il subventionne 12 milliards de francs sur le prix, qu’il nous explique exactement à combien nous achetons ce produit sur le marché international, et comment s’organisent les taxes. Le ratio prix du litre de carburant sur le SMIC dans notre pays, comparé à celui des pays de la sous-région, est désespérant”.

L’énorme attente des populations
Il convient de noter le sentiment d’abandon que les togolais éprouveraient de nos jours de la part du gouvernement. ” Comment  peuvent-ils nous laisser payer encore le gaz à ce prix là ” s’est interrogé un consommateur qui visiblement ne comprend pas que le gouvernement ne dise rien sur ce cas. A lui d’ajouter que l’Etat doit faire quelques choses, sinon…, a-t-il menacé.
Il y a lieu d’attirer l’attention du gouvernement sur la période sensible que le peuple vit, une période pré-électorale propice à toutes les éventualités. L’attitude de ce togolais ”lambda” ne saurait être isolée. Bien au contraire, elle reflète la posture de la majorité de nos concitoyens qui demande plus au gouvernement afin de réellement contribuer plus à son bonheur.
Ali Samba