LE PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES DE LA CEDEAO POUR LA CONCLUSION D’UN ACCORD COMMERCIAL REGIONAL

Le Président de la Commission de la Cedeao Désiré Kadré Ouedraogo avec Charles koffi Diby et la Ministre de l'intégrationAlly Coulibaly à l'ouverture

Le Président de la Commission de la Cedeao Désiré Kadré Ouedraogo avec Charles koffi Diby, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire  et le Ministre de l’intégration Ally Coulibaly à l’ouverture

Le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères de Côte d’Ivoire, M. Charles Koffi Diby, a appelé les Etats membres de la CEDEAO à trouver un accord régional en matière commerciale afin de pouvoir enfin conclure l’accord de partenariat économique (APE), qui se négocie depuis dix ans avec l’Union européenne (UE).

Dans son allocution à l’ouverture, ce jeudi 20 juin 2013 à Abidjan, de la 70ème session ordinaire du Conseil des ministres de la CEDEAO, M. Diby a souligné avoir participé, le 16 mai 2013 à Bruxelles, en compagnie du président de la Commission de la CEDEAO, à la 19ème réunion ministérielle sur le dialogue politique entre l’UE et la CEDEAO.

«A cette occasion, nous avons pu convenir avec nos partenaires européens de la nécessité pour nous de conclure, d’ici à la fin de cette année, nos négociations engagées depuis 2003 sur l’accord de partenariat économique qui constitue l’un des points essentiels de notre coopération», a-t-il déclaré.

M. Diby, qui s’exprimait en sa qualité de président du Conseil des ministres de la CEDEAO, a appelé ses pairs des autres Etats membres prenant part à la rencontre d’Abidjan à «trouver à cet égard un accord régional devant satisfaire toutes les parties et mettre (ainsi) fin à la juxtaposition des différents régimes commerciaux».

«Toute situation contraire aura un impact négatif sur nos efforts d’intégration», a averti le ministre d’Etat ivoirien, insistant sur la nécessité, au regard des enjeux et des délais et tenant compte du rapport du président de la Commission sur la question, de s’accorder sur «un schéma de compromis minimum» pour sortir de l’impasse et bénéficier des avantages qui s’offrent dans le prochain cycle de négociations avec les partenaires européens.

Charles Koffi Diby s’est par ailleurs vivement réjoui de la signature, il y a deux jours, de l’accord préliminaire entre le gouvernement du Mali et les associations touarègues, qui constitue à ses yeux «une avancée majeure» dans le processus de sortie de crise, notamment en facilitant le déroulement des élections sur toute l’étendue du territoire malien.

Auparavant, le président de la Commission de la CEDEAO, M. Kadré Désiré Ouédraogo, s’était félicité de la situation politique et sécuritaire qui se stabilise ainsi au Mali, mais aussi en Guinée-Bissau, avec ici et là des perspectives de retour à une vie politique normale, avant de rendre hommage à tous les acteurs qui ont permis d’obtenir ces avancées.

M. Ouédraogo a toutefois noté que les attaques terroristes menées ces dernières semaines contre le Niger constituent les soubresauts des combats au Nord-Mali qui doivent inciter à encore plus de vigilance. «Ces attaques contre le Niger sont des attaques contre la CEDEAO, et je voudrais exprimer encore une fois notre solidarité avec ce pays membre dans sa lutte contre le terrorisme et notre détermination à ne ménager aucun effort jusqu’à la pacification complète de notre espace communautaire», a-t-il souligné.

Le président de la Commission de la CEDEAO s’est par ailleurs réjoui des performances économiques régionales consolidées au cours de ce premier semestre ainsi que des avancées considérables réalisées dans l’approfondissement des chantiers clé du processus d’intégration dans la région, aspects sur lesquels il devrait revenir au cours du rapport intérimaire qu’il présentera au Conseil.

Il a cependant tenu à souligner «le tournant décisif, voire historique» que l’organisation est en train d’amorcer avec la finalisation du processus de mise en place de son tarif extérieur commun (TEC/CEDEAO). «Je voudrais me féliciter de ce processus participatif avec les Etats membres et l’UEMOA qui a permis, à travers la réunion des ministres des Finances de Praia, en mars dernier, de s’accorder sur les grandes lignes de cet instrument nécessaire à la consolidation de notre marché commun», a-t-il dit.

Il en a appelé au «soutien politique unanime» des membres du Conseil des ministres pour «faire du TEC une réalité et franchir ainsi une étape importante de notre processus d’intégration régionale».

Insistant lui aussi sur la nécessité d’un régime commercial unique pour la région si l’on veut asseoir les conditions optimales de l’accroissement des échanges intracommunautaires, de la consolidation du tissu productif et de l’amélioration de la compétitivité régionale, M. Ouédraogo a évoqué à son tour les négociations de l’accord de partenariat économique avec l’UE.

«Je voudrais voir en la mise en place du TEC/CEDEAO une opportunité pour la reprise des négociations de l’APE sur la base du travail formidable qui a été fait pour peaufiner les mesures d’accès au marché. Nous avons en effet procédé à la révision du scénario de libéralisation en tenant compte de la cohérence avec le TEC et des impératifs de développement recherchés à travers l’ouverture commerciale», a-t-il dit.

Les nouveaux résultats obtenus dans ce cadre devront permettre la relance des discussions avec la partie européenne dans l’optique de conclure un APE régional porteur de développement», a souligné M. Ouédraogo pour qui la conclusion à temps d’un APE régional complet permettra à la région d’éviter les conséquences néfastes pour son processus d’intégration d’une ratification des APE intérimaires signés par deux Etats membres.

Le Conseil des ministres, qui se compose des ministres des Finances et des ministres chargés de l’Intégration des Etats membres de la CEDEAO, est présidé par le ministre chargé des Affaires étrangères de la Côte d’Ivoire, dont le pays assure la présidence en exercice de l’organisation. Il a notamment pour tâche d’assurer le bon fonctionnement et le développement de la Communauté et de formuler des recommandations à l’attention des chefs d’Etat et de gouvernement.

Au cours de cette 70ème session ordinaire, le Conseil des ministres examinera, outre le rapport intérimaire 2013 du président de la Commission, l’état d’exécution des tâches assignées à la Commission par leur précédente session ainsi que le rapport du contrôleur financier portant sur l’exercice 2012, le rapport du comité d’audit et le projet d’ordre du jour de la 43ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement, prévue les 17 et 18 juillet 2013 à Abuja, au Nigéria.

Plusieurs autres points figurent au menu des ministres pour endossement, notamment le rapport des ministres des Finances sur le TEC/CEDEAO, celui sur l’état d’avancement des négociations APE et le rapport sur l’Autorité régionale de la concurrence de l’organisation. Le rapport de la réunion des ministres du Travail, de l’Emploi et des Affaires sociales, celui des ministres chargés des Infrastructures, du Transport, des TIC et des Ressources en eau, de même que celui sur les conclusions de la 10ème réunion des ministres de l’Energie seront aussi examinés.

Le Conseil se penchera encore sur des dossiers tels que le mémorandum sur les textes réglementaires concernant le Centre régional pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la CEDEAO (CEREEC), le rapport des ministres de la Sécurité et le mémorandum du président de la Commission sur l’élargissement de neuf à quinze du nombre des commissaires.