Komlanvi Akomabou Kondo, président du Mouvement pour l’Epanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET)

Komlanvi Akomabou Kondo, président du MEET

Komlanvi Akomabou Kondo, président du MEET

Les responsables du Mouvement pour l’Epanouissement de l’Etudiant Togolais (MEET) ont appelé mercredi dernier, leurs camarades étudiants à sortir “massivement” pour des marches de protestation ces 24 et 25 juin avec pour point de chute : la présidence de la République. Jeudi, des responsables du ministère de la sécurité ont – lors d’une séance de travail – clairement signifié aux responsables du MEET que le point de chute (présidence de la république) n’est pas le bon endroit. Vendredi, la délégation spéciale de Lomé a adressé une note aux responsables du MEET, leur signifiant que ces manifestations sont “inopportunes”. Elle les a invité à former une délégation, afin de déposer leurs doléances à qui de droit.

D’aucuns estiment que le MEET en fait trop ces derniers temps. Que répondez-vous ?
C’est une exagération. Le MEET est un Mouvement estudiantin censé réclamer les droits de l’étudiant togolais. Chaque fois que nous voyons que l’intérêt de l’étudiant est en jeu, nous ne pouvons pas croiser les bras. Le MEET n’en fait pas trop, nous sommes dans notre posture. Si nos autorités commencent par poser le pas en réglant nos problèmes les plus importants, nous allons les comprendre et leur laisser le temps, car il y a trop problèmes dans nos Universités.
C’est le fait de nous tourner en bourrique chaque temps qui nous énerve, et nous sommes obligés de sortir. Si les accords signés avec les autorités avaient été respectés, on aurait plus de problèmes sur le Campus aujourd’hui. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés devant ces genres de situation.
 
Les bourses et allocations de secours sont programmées et subitement, vous sortez vos griffes.
J’ai lu des articles dans certains journaux. C’est une mauvaise interprétation de la part de certains de vos collègues. Nous n’avons pas comme seules préoccupations à l’Université, les bourses et allocations de secours.
Nous avons deux semestres avec au total quatre tranches d’aides. Nous tendons déjà vers la fin de l’année et c’est maintenant qu’on verse la deuxième tranche aux étudiants. Déjà à ce niveau, vous ne voyez pas que trop c’est trop ? Ce n’est pas seulement une question d’argent, nous avons d’autres problèmes à l’Université et qui nous tiennent à cœur et nous tenons à le dire en face au chef de l’Etat.

Qu’avez-vous d’aussi important à dire au chef de l’Etat, alors que vous avez vos autorités directes de tutelle ?
Nous voulons aller dire du au chef de l’Etat, les préoccupations des étudiants notamment : la réduction du nombre de crédits pour l’obtention des bourses et allocations de secours, l’organisation des devoirs, les reprogrammations des unités d’enseignement fondamentales dans chaque école et faculté, la délivrance rapide des relevés de note et diplômes aux étudiants et la multiplication des artères de bus. L’accord signé en janvier 2012 est aujourd’hui caduc, et il est nécessaire qu’on redéfinisse un nouveau point de départ pour nos universités.

Vous avez quand même votre ministre de tutelle. Pourquoi  ne pas aller vers ce dernier ?
Nous avons discuté longuement avec  le ministre de tutelle depuis la rentrée, et actuellement nous tendons vers la fin de l’année et nous n’avons pas trouvé de solutions à nos problèmes.
Dans notre plateforme revendicative, nous avons même demandé la démission de notre ministre de tutelle, parce que nous avons l’impression qu’il ne veut pas nous écouter et que nos problèmes ne l’intéresse pas. Raison pour laquelle nous avons décidé d’aller vers son ‘’Patron’’.

Ne pensez-vous pas qu’il y a un autre point de chute, autre que la présidence ?
Non. Nous avons discuté avec la présidence de l’Université, nous avons discuté avec le ministère de tutelle et nous n’avons pas trouvé de solutions à nos problèmes. Actuellement, la personne la mieux indiquée et à qui nous pouvons nous adresser, est le chef de l’Etat.

Jeudi dernier, vous avez eu une séance de travail avec des responsables du ministère de la sécurité. Lors de la rencontre, ils ont été formels : le palais de la présidence n’est pas le lieu indiqué pour le point de chute de votre manifestation. En plus, ils vous ont envoyés vers la Délégation spéciale de Lomé (Mairie).
Nous avons effectivement rencontré des responsables du ministère de la sécurité notamment le secrétaire particulier du ministre, assisté du directeur de la police. Ils nous ont dit qu’ils n’interdisent pas la manifestation, mais qu’ils sont contre le point de chute, la présidence de la République étant la vitrine du pays. Nous avons pris acte de leur déclaration.

Vendredi après-midi, vous avez reçu une note du président de la Délégation spéciale de Lomé, soulignant que vos manifestations sont “inopportunes”. Ils vous ont suggérés de former une délégation pour aller déposer vos doléances à qui de droit.
La note de la Délégation de Lomé est arrivée trop tard. Nous nous sommes réunis samedi soir et la décision est prise.
Nous maintenons nos marches prévues les 24 et 25 juin,  avec pour point de chute, la présidence de la République.

Avez-vous un message particulier pour le chef de l’Etat ?
Nous lui avons déjà adressé un courrier et je voudrais lui faire savoir que les marches prévues les 24 et 25 juin, ne sont pas contre lui ou contre sa politique.
Mais cela nous fera beaucoup plaisir et également plaisir au monde entier, qu’on entende que le chef de l’Etat a reçu les étudiants qui sont d’ailleurs ses petits frères, pour trouver des solutions à leurs problèmes. Nous souhaiterions le voir en face pour lui poser de vive voix, nos problèmes.
Source : Savoirnews