EDUCATION : Florent Maganawé négocie en douceur la rentrée scolaire 2014-2015

Dans quelques jours, la rentrée scolaire 2014-2015 sera effective au Togo. Des millions de jeunes togolais retourneront à l’école pour parfaire leur formation. Il sera de même pour tout le corps des enseignants qui a la lourde charge de former ces élèves, le vivier du futur du Togo.

Contrairement à l’année dernière où la rentrée scolaire a connu beaucoup de soubresaut, notamment le report par deux fois de la date de la rentrée scolaire, la situation semble bien meilleure cette année. A quelques jours de la rentrée 2014-2015, tous les signaux sont au vert et la sérénité règne au sein du système éducatif togolais.
Le mérite de l’accalmie sur ce front revient au gouvernement qui a su prendre les mesures idoines pour que la nouvelle rentrée se déroule sans heurts. Les efforts entamés depuis l’année dernière pour satisfaire les enseignants mais aussi les enfants démunis à travers le projet des cantines solaires.

Une rentrée dans un climat apaisé
C’est dans cette optique que tous les protagonistes se sont retrouvés à Kpalimé pour partager avec les acteurs clés du système éducatif togolais, les préoccupations du gouvernement, afin que la prochaine rentrée scolaire prévue pour le 29 septembre prochain se déroule dans la paix et dans la sérénité.
“Le système éducatif est un tout, il y a plusieurs acteurs : les parents d’élèves, les enseignants, les élèves et l’administration. Il était donc important que nous nous retrouvions ensemble pour essayer de voir comment mieux organiser cette rentrée et comment faire en sorte que chacun, dans ses préoccupations, puisse trouver les solutions idoines pour que la rentrée soit une rentrée apaisée”, disait le ministre Florent Maganawé. Cette dernière rencontre de Kpalimé vient ainsi parachever la démarche axée sur le dialogue initié par le gouvernement avec tous les acteurs du secteur de l’éducation, notamment les enseignants.
Pour ce faire, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens, aussi bien humains que matériels. Sur un total de 29.781 professeurs, 1.305 postes concernent des nouveaux recrutements. 500 volontaires, via le Projet éducation BID III seront déployés dans le secondaire 800 nouvelles salles de classe seront inaugurées à l’occasion de cette nouvelle rentrée et 3 millions de manuels scolaires seront distribués gratuitement. L’autre grande mesure de cette rentrée est le développement des cantines scolaires.

1 Milliard de francs Cfa pour le renforcement de la cantine scolaire
Le Ministre Eliott Ohin a vu juste quand il disait en 2012 que l’alimentation scolaire constitue un important moyen de protection sociale qui améliore à la fois l’éducation et la santé des enfants les plus vulnérables en contribuant à augmenter les taux de scolarisation, à réduire l’absentéisme et à accroître la sécurité alimentaire dans les familles. C’est l’idée de base des cantines scolaires initiés par le gouvernement togolais et quelques-uns de ses partenaires techniques et financiers. La cantine scolaire permet à des milliers d’élèves défavorisées de bénéficier d’un repas par jour.
Ce projet initialement financé par la Banque mondiale sur la période 2008-2013 pour un montant total de 16.450.000.000,00 (16 milliards 450 millions) de francs CFA, a été maintenu, relayé par le gouvernement togolais sur l’année 2014 en raison de son impact positif sur les résultats scolaires et l’assiduité des bénéficiaires.
”Grâce au renforcement de l’état nutritionnel des enfants, la santé, le taux d’inscription, la rétention scolaire des enfants ainsi que le taux de réussite se sont améliorés dans les zones où le projet est mené ”, a dit la ministre du Développement à la base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, Victoire Tomégah-Dogbé.
De 256, le chiffre des établissements qui vont bénéficier de ce programme passera à 317. Le programme 2014 financé par le gouvernement à hauteur de 1 milliards de francs CFA cible environ 31.000 élèves répartis dans 149 établissements situés dans les zones dites les plus vulnérables, principalement rurales dans les 5 régions du Togo.
Le projet des cantines scolaires en faveur des élèves des milieux défavorisés est une composante du Projet de Développement Communautaire et des filets sociaux (PDC plus), mis en œuvre à partir de juillet 2012 en faveur des populations pauvres et vulnérables. Il est une des actions du gouvernement visant à réduire la vulnérabilité des communautés pauvres en expérimentant des mécanismes de protection sociale.
Lors du lancement de ce projet pour l’année 2014 à Gapé-Wonougba dans la préfecture de Zio , la ministre du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes avait souligné qu’en plus de contribuer à l’accès à l’éducation dans la perspective d’une scolarisation universelle à l’horizon 2015, l’alimentation scolaire constitue aussi un moyen de protection sociale pour les enfants qui sont dans des zones vulnérables. ” Le gouvernement conscient de cet enjeux, n’a pas manqué d’inscrire cette problématique dans la stratégie nationale de protection sociale”, a ajouté Victoire Tomégah-Dogbé.
Dans sa stratégie nationale d’amélioration de la scolarisation, le Togo a choisi de faire de l’alimentation scolaire un facteur essentiel de promotion de l’accès et du maintien des écoliers dans le système scolaire. Les cantines scolaires et la gratuité des repas permettent en même temps de pallier les conséquences de carences alimentaires des enfants.
Le projet de cantines scolaires a donc pour objectifs de contribuer à la dynamique de développement de l’éducation en favorisant l’égalité des chances, le maintien des enfants à l’école, l’amélioration des taux de réussite en fin d’année. C’est donc un dispositif qui constitue un levier de base pour lutter contre la sous-alimentation et la faim. Au-delà de la simple fonction d’alimentation, les cantines scolaires intègrent un volet de développement et de lutte contre la pauvreté. L’existence des cantines scolaires aident à la scolarisation des filles et par conséquent à leur émancipation. Elles constituent aussi pour les élèves un lieu et un temps d’échange, de sociabilité et de socialisation.

La malnutrition des enfants, un problème récurrent au Togo
En la matière, les statistiques ne plaident pas en faveur du pays. D’ailleurs un rapport du gouvernemental indique que 30% des enfants togolais souffrent de malnutrition et n’ont pas accès à 2 repas par jour. Au nord du Togo, où les chiffres de la pauvreté sont les plus inquiétants, les ratios sont encore plus alarmants : 94% des enfants de la région des savanes vivent dans la pauvreté, 44% des enfants de 5 à 17 ans n’ont pas accès à l’eau, à l’éducation et à une alimentation correcte.
Il est évident que les problèmes à résoudre sont nombreux. Mais la priorité doit être consacrée à ces jeunes enfants du Togo qui sont l’avenir de ce pays. Au vu des résultats spectaculaires, il serait intéressant que le gouvernement pense à augmenter substantiellement le budget consacré aux cantines scolaires pour que tous les enfants démunis du Togo puisse en bénéficier. Tout comme le Chef de l’Etat a permis la gratuité des frais scolaires dans les écoles primaires du Togo, le souhait serait qu’il en soit ainsi pour les cantines scolaires.
Ali SAMBA