MOUVEMENT D’HUMEUR A LA CEET : Le Togo dans le noir à partir de demain Mercredi si…

Les grévistes de la CEET regroupés dans les syndicats SYNTRASEL, SYNPRODEET et SYNESE ne baissent décidément pas les bras. Dans la logique de leurs revendications pour de meilleures conditions de vie et de travail, les employés de la Compagnie énergie électrique du Togo (CEET) menacent de mettre tout le Togo en noir dès demain mercredi si leurs premiers responsables ne disent rien de concret quant à leurs revendications. N’eut été les supplications des responsables syndicaux appelant leurs camarades à la patience, ces derniers auraient privé tout le pays du courant électrique depuis le Vendredi dernier. Les discussions avec les autorités hiérarchiques avançant à pas de tortue, les agents  veulent passer à la vitesse supérieure dans le bras de fer qui les oppose à leurs responsables.
Au niveau, des responsables syndicaux, on affirme que cette option n’est pas encore envisageable mais elle n’est pas exclue.
Cette information sème une inquiétude au sein de la population qui, non seulement subit un délestage qui ne dit pas son nom depuis quelques semaines, mais va devoir subir un ” blackout” total sur toute l’étendue du territoire. Nous n’osons pas croire que les 1er responsables de la CEET et du ministère des mines laisseront pourrir la situation jusqu’à un tel niveau car les conséquences seront incalculables pour tous les togolais. D’ailleurs, l’un des syndicalistes joint par la rédaction estime qu’il ne croit pas que les autorités pousseront le bouchon jusqu’à ce niveau-là. ” Nous sommes des responsables et nous ne pensons pas y arriver jusqu’à ce point. Nos dirigeants savent que nos revendications sont justes et légitimes et doivent se pencher là-dessus sérieusement pour nous éviter le pire ” affirme-t-il. Il ajoute que même s’il devrait en arriver là, ce ne serait pas une coupure sauvage mais responsable.

Des revendications légitimes
Dans leurs revendications, les employés de la CEET demandent  la diminution du tarif agent qui est actuellement fixé à 25fcfa/kw. Le tarif était de 14 fcfa/kw avant son augmentation. Entre autres revendications, le personnel de la CEET réclame 10% du ratio de la masse salariale sur le chiffre d’affaires de la Compagnie et la révision du contrat avec ContourGlobal. Selon les grévistes que nous avons rencontrés lors de nos investigations, la CEET paie environ 1,7 milliard de FCFA par mois à ContourGlobal soit plus de 17 milliards par an. Il nous est également revenu que c’est la CEET qui paierait le Conseil d’Administration de Contour Global sur son budget.
Pour rappel en 2012-2013, la CEET avait dégagé un bénéfice conséquent. Ce qui avait eu pour action des primes de fin d’année de 200.000 FCFA à chaque agent, en 2013 du paiement du 13ème mois. Malheureusement en 2014, la CEET a obtenu un déficit d’environ 08 milliards à cause du contrat de ContourGlobal, estiment les grévistes. En plus, la CEET doit à ce jour à la CEB  près de 30 milliards de FCFA.
Rappelons que la direction de la CEET a, en 2012,  procédé à une augmentation de salaires des employés à hauteur de 10%. A l’endroit des agents de terrain, elle leur a acheté des motos dont 85% des frais sont pris en charge par la CEET. Des avantages qui aujourd’hui ne satisfont plus tellement  les agents qui estiment ne pas comprendre que les agents de  ContourGlobal soient mieux payés qu’eux et ont à tout point de vue de meilleurs conditions de vie et de travail. Le personnel de la CEET se rappelle également le passage des primmes du 1er mai de 5.000 FCFA à 20.000 FCFA par agent à l’actif de la direction générale actuelle.

De l’implication du ministre des Mines et de l’Energie
Tous les regards se tournent vers le ministre de l’Energie et des Mines qui essaie depuis hier de colmater les brèches et arrondir les angles pour une issue favorable à cette crise. Une réunion s’est tenue hier très tard au cabinet du ministre avec quelques hauts responsables de la CEET. Pour l’heure, aucune info n’a filtré quant à l’issue de ces pourparlers.
Mais une chose est sure, les agents de la CEET en appelle au ministre Dammipi puisqu’il est le Président du Conseil de surveillance et ne saurait les abandonner dans cette situation. ” “Nous voulons un règlement rapide de nos revendications. C’est pourquoi nous nous tournons vers le ministre puisqu’il est au premier plan et connait bien les problèmes qui surviennent en ce moment”, déclare un syndicaliste.
Les heures qui viennent seront cruciales pour tous les togolais qui croisent les doigts pour un règlement rapide de la crise à la CEET.
Crédo TETTEH & Ali SAMBA