INDUSTRIES / Total cafouillage à l’ITIE-Togo : Le Premier Ministre décide de prendre le taureau par les cornes

Dans trois de nos précédentes parutions, nous avons accordé une large place aux dysfonctionnements qui ont cours à l’ITIE-Togo et plus précisément au Secrétariat Exécutif.

Aujourd’hui, les faits nous donnent raison. Si le Coordonnateur de l’ITIE-Togo a de tout temps dénié son ancrage institutionnel au ministère des mines et de l’énergie dont le Ministre de tutelle est son Président du Comité de pilotage, et par la même occasion a toujours soutenu qu’il ne doit des comptes et ancrage rien qu’à la Primature et donc au Premier Ministre, c’est dire que tout va mal, très mal dans l’unité de gestion de la transparence dans les Industries extractives.
Nous en étions là quand nous avions appris la convocation le mardi 04 novembre dernier, du Premier Ministre, Président du Conseil National de Supervision de l’ITIE-Togo d’une réunion du Comité de pilotage (19ème réunion ordinaire) pour hier 10 novembre.
Et ceci bien sûr pour avoir lieu dans la salle de réunion du Cabinet du Premier Ministre. Avec comme ordre du jour : 1/ adoption du compte rendu de la 18ème réunion ordinaire du Comité de pilotage, 2/ Approbation du rapport d’activités de l’année 2013, 3/ Approbation du recrutement du Conciliateur, 4/ Approbation du Rapport de l’Etude de cadrage pour l’élaboration des rapports ITIE-Togo 2012 et 2013, 5/ Divers – Rapport de la revue a posteriori de la Banque mondiale adressé au Ministre des mines et de l’énergie – Visite du Secrétariat international de l’ITIE à Lomé, du 11 au 13 novembre 2014. Cette réunion fut finalement reportée sur le 17 novembre prochain.

La convocation de la réunion du Comité de pilotage par le Président du Conseil National de Supervision
Depuis un certain temps, les acteurs impliqués au niveau du Comité de pilotage sont montés au créneau pour dénoncer le lot de dysfonctionnements qui a cours à l’ITIE-Togo. A cela s’était ajouté la correspondance du Représentant Résident de la Banque Mondiale au Ministre des Mines et de l’Energie avec copie au Coordonnateur de l’ITIE-Togo, monsieur Didier Kokou Agbemadon. Cette lettre de la Banque mondiale avait mis en relief les dysfonctionnements constatés et relevés dans la mise en œuvre de l’Initiative pour la Transparence dans les industries extractives. Le Coordonnateur de l’ITIE-Togo Monsieur Didier Kokou Agbémadon avait répondu au Représentant-Résident de la Banque mondiale.
Aujourd’hui, c’est le Premier Ministre qui a préféré convoquer une réunion ordinaire du Comité de pilotage vu la tournure que prennent les événements, pour faire surement taire les divergences. Il s’agit pour le Premier Ministre en sa qualité de Président du Conseil National de supervision d’encourager les parties impliquées dans le processus à jouer pleinement leur rôle dans l’intérêt supérieur du Togo.

Le silence coupable ou complice du Ministre des Mines et de l’Energie
Depuis le début de nos investigations dans cette faune ” ITIE-Togo “, nous avons avec regret constaté un silence de la part du Président du Comité de pilotage, le Ministre des Mines Noupokou Dammipi. Un silence qui dans le cas d’espèce ne saurait être assimilé à une musique douce. Un silence du Ministre Noupokou Dammipi qui appelle des interrogations. Est-il réellement impuissant pour se faire reconnaitre et respecter par le Coordonnateur de l’ITIE-Togo ?
En laissant faire, pour des considérations que le commun des mortels ne maitriserait pas, Monsieur le Président du Comité de pilotage n’est-il pas en train de laisser couler le bateau ? N’est-il pas en train de manquer à ses obligations, à son devoir ?
Il convient de relever à ce stade la disponibilité du Chef du Gouvernement à mettre les bouchées doubles afin que la sérénité et la paix reviennent dans la maison ITIE-Togo. C’est ce qui justifierait d’ailleurs et selon nos sources la convocation également du Conseil national de supervision normalement à la même date mais qui fut reportée au lundi 17 novembre 2014.
Nous apprenons également dans la foulée une visite du Secrétariat international de l’ITIE à Lomé du 11 au 13 novembre 2014.
S’il est vrai que le Chef de l’Etat et son gouvernement consentent des efforts en vue d’instaurer la bonne gouvernance comme modèle de gestion de la chose publique, il sied aussi de rappeler toutes les parties impliquées dans le processus ITIE à jouer correctement leur partition. Tout acte contraire serait assimilé à un sabotage de la politique du Président de la République. A suivre…
Crédo TETTEH