Adoption du Programme de développement culturel de l’UEMOA : Plus de 41milliards de F.CFA pour faire du secteur culturel un pilier des stratégies pour l’intégration des peuples à l’horizon 2020

Dr Kouméalou Anaté, Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et  de la Formation civique

Dr Kouméalo Anaté, Ministre de la Communication, de la Culture, des Arts et de la Formation civique

Le programme de développement culturel de l’Union Économique Monétaire ouest Africain (UEMOA), un programme de plus de 41 milliards de F.CFA, a été adopté le 18 juillet dernier à Ouagadougou (Burkina Faso), lors de la réunion du conseil des ministres de la culture des États membres de l’Union. Mme Kouméalo Anaté, ministre togolaise de la communication avait activement pris part aux travaux.

Cette rencontre a pour objectif, l’adoption du programme de développement culturel de l’UEMOA. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Acte additionnel instituant la politique commune de développement culturel au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, adopté à Dakar le 24 octobre dernier par la conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union.

Évalué à plus de 41 milliards de F.CFA, le Programme de développement culturel de l’UEMOA adopté le 18 juillet a été élaboré pour une période de sept ans. Principale vision de l’UEMOA à l’horizon 2020 : faire du secteur culturel un pilier des stratégies pour l’intégration des peuples, grâce à son patrimoine culturel riche et diversifié. Quatre axes ont été identifiés pour sa mise en œuvre : le développement d’un marché régional unifié des biens et services culturels, la promotion des métiers de la culture et la professionnalisation des acteurs et opérateurs culturels, la facilitation de l’accès des institutions et opérateurs culturels aux financements, et l’amélioration de la visibilité des expressions culturelles de l’espace communautaire.

Les résultats attendus sont : l’inscription de la culture dans les stratégies nationales de développement, la labellisation, par l’UEMOA, des biens et services culturels et leur promotion au sein de l’espace communautaire, et l’opérationnalisation d’un système d’information sur le secteur.

(…) Selon les constats, le marché actuel de l’Espace est diffus, caractérisé par l’informel, ce qui tend à annihiler les investissements tant publics que privés. Il s’agit donc de l’assainir et de le structurer, afin d’améliorer la circulation des acteurs, des biens et services culturels, de rendre le marché des biens et services productifs, de permettre aux entreprises culturelles d’être compétitives, pourvoyeuses d’emplois et génératrices de revenus et d’optimiser la protection de la propriété littéraire et artistique.

Quant à la promotion des métiers de la culture et la professionnalisation des acteurs et opérateurs culturels, elle vise à promouvoir, dans les structures de formation spécialisées, les métiers novateurs et valorisants,les statuts des artistes et des autres professionnels de la culture et à mieux gérer les entreprises culturelles. Ces entreprises culturelles devront également être reconnues et prises en compte dans les programmes de développement socioéconomiques par les gouvernants.

Le troisième volet de ce programme porte sur la facilitation de l’accès des institutions et opérateurs culturels aux financements. Pour ce faire, le mécénat, le sponsoring et les financements innovants seront mis à contribution. Le quatrième axe, traite des actions à mener pour améliorer la visibilité des expressions culturelles de l’espace communautaire.

A l’issue des échanges, des recommandations ont été faites aussi bien à l’endroit des Etats membres qu’à la commission de l’UEMOA. Ainsi, il a été demandé aux Etats membres de l’UEMOA d’organiser des rencontres intersectorielles entre les acteurs, les ministères chargé des finances, et les institutions financières et commerciales, en vue de la mobilisation des ressources nécessaires aux actions et investissements culturels. Il leur est également demandé de dynamiser les cellules nationales de statistiques culturelles afin de disposer de données exhaustives et fiables sur le secteur.

A l’endroit de la commission de l’UEMOA, il est recommandé d’identifier les actions prioritaires de court terme à mettre en œuvre et d’organiser des rencontres entre les ministres de la culture et ceux en charge des finances et du plan sur les investissements et le financement de la culture, sous l’égide de la commission de l’UEMOA (…)